Produire son électricité, deuxième partie

 

Continuons sur la production autonome d’électricité. Dans la première partie on avait montré que le prix du kW.h photovoltaïque s’approchait inexorablement de celui de tarifs réglementés. C’est clairement un problème pour les gros producteurs qui devront en tenir compte dans leurs choix d’investissement pour le long terme. C’est plutôt une bonne nouvelle pour le consommateur final, s’il a la possibilité de s’équiper pour produire son électricité. Reste la question de l’intermittence jour/nuit de la production, de sa variabilité saisonnière et des caprices du soleil. Attention aussi aux caprices de la nature, les problèmes sont parfois là où on les attend le moins

Commençons par identifier plusieurs types de besoins en électricité : ceux qui peuvent s’accommoder d’une production intermittente régulière (jour/nuit) et ceux qui ne peuvent pas du tout. Les matériels qui doivent être alimentés en continus ou bien qui sont requis de manière aléatoire à tout instant ne peuvent pas supporter une production intermittente (imaginons les cas d’un ascenseur par exemple).

On trouvera ici, quelques valeurs de consommations standard.

Et, dans ce lien bien documenté on évalue la puissance requise en continu à 250 W, ce qui me semble un peu faible à mon avis mais ce travail d’évaluation est à faire pour chaque projet. Gardons en mémoire qu’on peut espérer, dans le sud de la France métropolitaine une production de 1200 kW.h par kW crète installé pour 1 an lorsque toutes les conditions sont favorables . Cette première évaluation doit être ramenée à 1 journée et doit tenir compte des saisons (je pense qu’on peut avoir un facteur 3 entre une belle journée de juillet et une belle journée de janvier mais c’est juste une estimation personnelle à consolider). Tout cela devrait donner maintenant une première estimation de la puissance crête à installer.

Ensuite, il faut faire 3 paquets :

– les consommations permanentes ou dont l’usage discontinu peut être requis à tout moment (informatique, domotique, éclairage, télévision, VMC…)

– ceux qu’on doit utiliser régulièrement mais à un moment qu’on peut choisir (lave linge, lave vaisselle, quelques machines….)

– enfin, ceux qui fonctionnent régulièrement, mais qui ont peuvent avoir une forte inertie thermique et donc qui peuvent aisément s’accommoder d’une intermittence jour/nuit : le chauffage (!), la production d’eau chaude sanitaire, la production de froid (oui!) et certaines machines qui ne sont utilisées qu’en journée.

Remarque importante : oui, je parle de chauffage électrique photovoltaïque. Une chose qui était absolument impensable il y a 10 ans… Mais qu’on pourrait commencer à envisager aujourd’hui, si le prix de l’électricité PV diminue au point de se rapprocher des tarifs commerciaux. On pourrait alors utiliser des chauffages électrique à très forte inertie, un peu comparables aux « poêles de masse »  à bûche de bois. Ce genre de choses est facile à réaliser. La véritable innovation, c’est de faire de l’effet Joule avec du PV. C’est là, que l’on verra vraiment la révolution du photovoltaïque. Les conséquences sont considérables : tout cela risque de conduire au musée toutes les installations solaires thermiques, les réseaux de chaleur basés sur des circuits d’eau glycolée… qui rejoindraient ainsi les centrales nucléaires dans les archives de notre patrimoine industriel…

Quant à elle, la production d’eau chaude nécessite un cumulus bien isolé et probablement un peu surdimensionné. Cela ne pressente aucune difficulté, c’est déjà ce que font tous ceux qui utilisent le fonctionnement heure pleine/ heure creuse. C’est banal et beaucoup d’installation d’auto production photovoltaïques utilisent déjà le cumulus pour déverser leur surplus de production.

Enfin, pour la production de froid, on retrouve un peu le même problème : existe-t-il des réfrigérateurs/congélateurs qui peuvent se passer de courant pendant 12 heures ? Oui, je pense que le matériel qu’on trouve actuellement sur le marché  est parfaitement capable de faire cela, à condition d’être bien garni en blocs de « volant d’inertie thermique ».

Donc résumons:il y a des cas où on peut s’accommoder d’une certaine discontinuité de la production (alternance jour/nuit en particulier) notamment quand le dispositif consommateur a une forte inertie ou bien lorsqu’on peut choisir librement quand on l’utilise… Dans ce cas, pas de problème, on estime la quantité d’énergie dont on a besoin par jour (on peut choisir une journée d’hiver pour dimensionner le système) et on installe,le nombre de panneaux correspondant.

En revanche, si on a absolument besoin d’électricité d’une manière continue, il n’y a que deux solutions : la connexion au réseau ou le stockage.

En ce qui concerne la connexion au réseau EDF, elle présente de nombreux avantages : une disponibilité permanente (longues journées d’hiver avec ciel couvert), et aussi, c’est important, une bonne qualité de courant, très stable en tension et en fréquence. C’est une grande utilité du réseau. Cela permet aussi de revendre le surplus, si besoin. Mais les conditions de rachat sont de moins en moins intéressantes. Pour revendre, il faut payer un forfait de location du réseau, et ceci même si on offre le surplus gratuitement… On pourra voir ici  sur l’excellent site de l’Apersolaire la présentation d’une pétition pour mettre fin à cette situation un peu étrange en effet : payer pour offrir

Bien sûr, l’alternative à la connexion au réseau, c’est le stockage d’énergie. Là aussi, plein de possibilités, (pas seulement les batteries) et probablement plusieurs innovations de rupture en cours au point que l’on peut parler à court terme de révolution dans le domaine du stockage.

Mais ceci est une autre histoire et fera l’objet d’un prochain article.

En attendant, n’hésitez pas à commenter cet article, notamment sur son positionnement totalement hétérodoxe : se chauffer à l’électricité photovoltaïque, ce sera vrai demain. Pensez-y si vous préparez une construction neuve et n’hésitez pas à me critiquer ici… Vous aurez peut-être raison de le faire…

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