Le label BBC en trois mots

Le label BBC signifie « Bâtiment Basse Consommation ». C’est un critère qui définit les performances raisonnablement atteignables pour la rénovation des logements existants. L’idée est d’avoir ce critère comme objectif si on se lance dans des travaux de rénovation de manière à ne pas se pénaliser pour plus tard. En effet si le critère conduit à préconiser une ITE (isolation par l’extérieur) de 160 mm et que pour des raisons budgétaires l’assemblée des copropriétaires d’un immeuble choisit de se limiter à 100 mm, alors ce critère BBC est là pour les convaincre que c’est une mauvaise décision. Si on installe un ravalement thermique de 100 mm on est parti pour le garder pendant une très longue durée, parce que rajouter ensuite 60 mm d’isolant coûtera à nouveau le même prix et que ce sera dissuasif. Il faut donc mieux emprunter ou attendre d’avoir les fonds pour poser les 160 mm en une seule fois.

La valeur du critere correspond à l’objectif à atteindre de 80 kW.h/m2.an. Il s’agit d’un critère moyen, raisonnablement atteignable pour une grande partie du parc existant en France.

Précisons : la définition des m2 pour ce calcul est ici . En gros il s’agit de la bonne vieille surface habitable (>1,8 m) en comptant les murs et en excluant les locaux techniques (garages, etc…) et les locaux non chauffés.

Qu’est-ce qui rentre dans le calcul des 80 kW.h ?

Il y a 5 postes : chauffage, clim, éclairage, ECS (eau chaude sanitaire), auxiliaires.

Qu’entend-on pas “auxiliaires” ? Il s’agit des ventilations, des pompes (de chauffage central par exemple).

Tout les reste : cuisine, fabrication du froid, ascenseurs, volets roulants, automatismes, informatique, télévision, radio, machines à laver, séchage, etc… Tout cela est lié à des « habitudes de vie » qui sont supposées dépendre de l’occupant (plus que le chauffage ou l’ECS…) Ca n’est pas pris en compte dans les 80 kW.h.

Remarque personnelle sur l’éclairage : si on installe des leds partout, très vite ce poste va devenir marginal, on pourra pratiquement le négliger, ce qui est très utile parce que ce poste est difficile à évaluer sur une année. Donc règle numéro 1 : n’acheter que des leds en remplacement ou en installation nouvelles, même les fluo compactes sont à éviter. Règle numéro 2 : penser à offrir son lampadaire halogène pour noël à quelqu’un qu’on n’aime pas.

On pourra aussi souvent négliger les « auxiliaires » et la clim qui est encore souvent absente.

Il ne reste donc que le chauffage et l’ECS.

Cette valeur cible de 80 kW.h/m2.an est ensuite affectée de deux coefficients correcteurs : la localisation avec son coefficient de rigueur climatique  et l’altitude. Voir ici.

Bien évidemment ce sont des valeurs moyennes qui conduisent à des disparités très difficiles à corriger : dans un village d’altitude, il vaut mieux avoir une maison avec une très belle vue dégagée au sud qu’un petite maison de ville donnant au nord sur une rue étroite qui ne voit jamais le soleil… Elles auront pourtant les mêmes coefficients correcteurs.

Enfin, cette valeur conduit à condamner l’électricité comme moyen principal de chauffage, (mais pas comme production d’ECS) sauf si on a une « enveloppe » ( = les murs extérieurs) exceptionnellement bien isolée. En effet, le critère est exprimé en énergie primaire (en unités kW.h ep). Pour connaitre la correspondance avec l’énergie primaire consommée, à l’exception de l’électricité, toutes les sources d’énergie sont affectées du coefficient 1 (énergie facturée = énergie primaire), on considérera par ailleurs que les énergies « de flux » ne seront pas comptabilisées (hydraulique, photovoltaïque, éolien…) mais cela compte peu en utilisation directe.

En revanche, l’électricité est affectée d’un coefficient forfaitaire de 2,58 qui signifie que 1 kW.h d’électricité consommée est égal à 2,58 kW.h d’énergie primaire. Ce coefficient est justifié par le rendement des installations de production d’électricité (en gros, il faut 3 kW thermiques dans une centrale pour créer 1 kW d’électricité). Mais ce coefficient est un peu violent quand même, il prends en compte l’énergie consommée pour la transformation et le transport  un peu comme si les bûche de bois et le mazout étaient livrés chez vous par des cigognes…

Bref, 80 kW.h/m2.an en chauffage électrique, ça fait une limite de 80/2,58 = 31 kW.h/m2.an en électricité. Or cette valeur peut être quasiment atteinte par les 4 postes avant de prendre en compte le chauffage… Cela signifie donc que hors isolation absolument exceptionnelle ou maison tropicale, le chauffage électrique est quasiment exclu du label BBC, du moins en mode principal…

Vous avez ainsi tous les éléments pour estimer le chemin qui vous sépare d’une maison labellisée BBC. Pour les calculs, c’est à vous. N’hésitez par à poser des questions.

Dans un prochain papier, on étudiera plusieurs scénarios possible pour atteindre le critère BBC a partir d’un cas concret, une « maison laboratoire »

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2 pensées sur “Le label BBC en trois mots

  • 23 janvier 2018 à 1 h 19 min
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    Bonjour,

    Je me permets une précision sur le label BBC, parce que c’est un peu à s’arracher les cheveux en ce moment (trop de label tue le label ? ) :

    -Il y avait le label BBC Effinergie, valable AVANT la mise en place de la RT2012. Depuis que cette réglementation thermique est en place, ce label n’a plus lieu d’être (ils sont au même niveau de performance). La preuve ici :
    https://www.effinergie.org/web/index.php/les-labels-effinergie/bbc-effinergie

    En revanche, depuis 2017, il existe un nouveau label : le “BBC Effinergie 2017”.
    Il correspond au niveau Energie2 Carbone1 du nouveau label E+C- ( :-s ). La preuve ici :
    https://www.effinergie.org/web/index.php/les-labels-effinergie/le-label-bbc-effinergie-2017

    En espérant que tout le monde s’y retrouve parmi ces B et ces C…..

    Julien

    Répondre
  • 24 janvier 2018 à 21 h 17 min
    Permalink

    Merci de ces précisions, qui effectivement peuvent rendre les choses plus complexes.
    De mon coté, j’aurais dû préciser davantage les références utilisées dans cet article. Elle sont issues du site :
    https://mooc-batiment-durable.fr/ qui avait organisé fin 2017 avec le soutien de l’Ademe, un Mooc “rénovation performante” destiné pour l’essentiel aux artisans du secteur de la rénovation. C’est de là que vient la majorité des données de cet article.
    Cette formation etait bien faite, une nouvelle session est prévue au printemps 2018.

    Répondre

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